Fermer la parenthèse

27 juin 2013

L’année scolaire se termine et avec elle la très belle aventure des Avatars.

Ça aura été une année riche de rencontres et d’enseignements. Beaucoup, beaucoup de plaisir à mettre en contact les jeunes avec le textile.

Il est pourtant vrai que devant la réalité des créations des participants, j’ai du me résoudre à m’éloigner de mon projet d’origine :

initialement, j’avais souhaité un « mur » de personnages affublés de grigris et petits objets fétiches de l’enfance qui auraient été les dépositaires des belles forces que l’on grappille dans les premiers temps de la vie. Il m’avait semblé que ce moment charnière, celui où l’on rentre progressivement dans l’adolescence, était opportun pour juger de ce que l’on souhaitait conserver, valoriser, de l’enfance… Erreur totale, ces jeunes, bien trop occupés à vivre tout cela, n’en avaient aucun souhait !

Il me restera donc à mettre en œuvre moi-même ce projet.

En attendant, pour ceux qui seraient tentés par se lancer dans une autre aventure Avatars, voici quelques constats :

– les enfants de 6° et 5° restent néanmoins la tranche idéale. Avec, une belle richesse créative plus un bon potentiel à maîtriser la technique de l’aiguille… Avant, beaucoup d’enfants devront être aidés. Après, ils perdent en exubérance plastique.

– ne pas leur demander une démarche consciente de représentation de soi mais les laisser fonctionner par intuition… celle qui porte tout un chacun à être attiré par des tissus, des matériaux qui nous ressemblent.

– inutile d’imposer l’intégration d’objets personnels, ceux qui le feront de leur propre chef le feront avec plus de force.

– avoir des groupes restreints, aux environs de 8 participants, semble être la meilleure formule. Deux adultes sont les bienvenus pour répondre aux demandes d’assistance qui fusent, notamment au moment de l’assemblage définitif.

– laisser un premier temps d’expérimentation et de recherche avec les matériaux à disposition. Muni d’un corps nu, on pose, teste et assemble provisoirement en fixant à l’épingle pour pouvoir défaire et refaire jusqu’à ce que l’on soit sûr de ses choix.

– n’aborder la question de la « couture » que dans un second temps afin de ne pas les rebuter ni les brider dans leur créativité. D’autre part, personnellement, je n’ai imposé qu’un minimum de règles de couture, qui tient là juste lieu de technique d’assemblage, afin de préserver le coté brut de leur création. On enlève les épingles au fur et à mesure que l’on fixe avec le fil.

– Prévoir un minimum de 3 heures. Première heure : recherche et assemblage libre. Seconde heure : ¼ heure d’apprentissage express de la technique du fil et de l’aiguille. Puis assemblage définitif et derniers ajouts, pour un temps très très variable d’un jeune à l’autre.

– le principe « personne sachant faire » aidant « personne ayant des soucis avec la technique » est une autre alternative. Expérimenté pour le bénéfice de jeunes handicapés, cela a très bien fonctionné et peut sans doute être appliqué avec bonheur dans d’autres circonstances. (Libérés de la technique, ces derniers ont produit des personnages vraiment superbes)

– j’ajouterai, car ce fut capital en collège où le fonctionnement est toujours collectif (classes), qu’il s’avère extrêmement difficile d’avoir un suivi individuel des enfants. C’est pourquoi je conseille vivement d’avoir un allié dans la place qui coordonne cet aspect fastidieux, mais indispensable à la bonne réussite de l’opération !

Voilà, cette aventure fut également extrêmement prenante, c’est pourquoi poupée sauvage fut mis entre-parenthèses. Mais, après le point final de l’opération, poupée sauvage se réjouit de retourner à ses élucubrations et expérimentations… pour de nouvelles aventures !

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Classé dans Atelier | Commentaires (3)

3 réactions à “Fermer la parenthèse”

  1. la Mère Castor a dit :

    merci pour ces constats, c’est toujours intéressant de faire ce genre de bilan. Ca me donne des idées.

  2. sauvage a dit :

    Super !

  3. Anne a dit :

    Bravo ! Quelle aventure merveilleuse ! Les enfants d’aujourd’hui ont tellement peu d’occasions d’ exprimer leur créativité. Vous avez fait un travail remarquable. J’adore vos créations, et j’ai hâte de découvrir vos prochaines « élucubrations et expérimentations ».

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